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JE SAIS

Je sais l’amour, la gloire et les peines  
Je sais où nous mène la haine  
Je sais qu’un jour, on brisera nos chaînes
Je sais le chemin pour rejoindre l’Eden


Je sais, le respect, la paix, la tolérance
Tu sais, un homme prêt, âgé, muni d’une bonne conscience
Je sais l’Histoire, c’est dans leur livre que j’ai appris leur mythes
Tu sais qu’je sais alors arrête de jouer ton hypocrite
Je sais que les gens saignent et même se prennent des beignes
et baignent dans la misére deviennent pour ceux qui règnent un boulet qu’on traîne
Je sais, mais comment rester zen quand la haine amène à des situations malsaines

Que les hauts placés dédaignent
Je sais, la politique, la prise de positions
Quand l’argent rentre en compte, beaucoup oublient leurs convictions
Je sais, enfin qu’une unique humeur m’attire
Que j’esquive le pire
Et partir, et s’il faut martyr.
Ils ont bidonné les données pour s’adonner à des jeux d’pouvoir
Cloisonné la raison, en prison, voudraient tous nous voir
Avocat commis d’office, procès perdu d’avance
Le poids des mots allégé comme une plume sur la balance
C’est une question de dollars qui crée son déséquilibre
Donc quitte à payer l’prix fort, certains sortent le calibre
Je sais qu’le ghetto est un port de plaisance pour le mal
Plaque tournante pour l’argent sale qui blanchit les dessous d’l’Etat
Je sais qu’il faut raser les murs pour un jour s’rincer l’gosier
Ruser pour mieux déguster à son tour, sans s’faire gazer
Faire croquer les proches, avant qu’nos poches atteignent l’érosion
Que nos gencives se creusent et que la crasse nous serve de leçon.
Je sais les pleurs amers, le soir, d’une mère
Elevant son fils seule, qui se perd dans son père
Je sais c’que c’est le béton ; quand tu rêves de dunes
Je sais c’que disent les vitrines quand t’as pas la thune
Je sais l’odeur qu’ont les couloirs des parloirs
Les huissiers, les factures qui s’amassent dans les tiroirs
Je sais ces filles qui n’ont aucune chance à saisir
Jusqu’où les hommes iraient pour quelques secondes de plaisir
Et j’sais combien l’amour d’une femme relève un homme
En somme, la fierté qu’on a à regarder grandir ses mômes
Mais je sais aussi ce que sont les faux amis
Je le sais car ainsi va ma vie.
Je sais quel chemin emprunter pourtant j’multiplie les détours
A marcher de travers, j’finis par passer pour un sourd
Loin d’être muet pour un sou
Loin d’être con pour l’insulte
Le savoir est une arme, une arme blanche pour l’inculte
Je sais qu’ici pour s’en sortir faut un moral d’acier
Se dépasser ou passer par des poignées de mains glacées
Je sais ce qu’est une fin d’mois difficile
Un compte en banque en déficit
De s’en sortir sans les ficelles
Que l’printemps est aux bourges et propice à l’expulsion
Que la patrie en tient une couche quand il s’agit de l’exclusion
Je sais que ce pays ne serait rien sans son treillis
Sans l’hypocrisie et le sang des colonies.
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