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PARLEZ-MOI D'AMOUR

Tu veux que je te parle de rue que je ne te parle plus de barre de rire
Que je parle de .... te dire que toute nos fantaisies
Au coin de nos rues sont devenues délits
Que cinq jeunes qui s'attroupent est un danger
Plus grand que mille mendiants à New Delhi
Tu veux que je parle de droits de l'homme te dire qu'içi
Ce n'est qu'une apparence qu'on efface d'un coup de gomme
Sans que personne ne le soupçonne
Ou bien que je parle de flics de répression de ce qu'elle implique
Te dire que les coups de pression sont devenus systématiques
Qu'il faudrait de nouveaux mots à inventer
Pour decrypter tout ce que le système applique
Pauvricide aliénation démagogique
Tu veux que je parle de ces hommes, de ces femmes qu'on enferme
Qui ont beau crier "Sesame, ouvre-toi"
Ce sont toujours de lourdes portes qui se referment
Ou bien que je parle de mécanismes qui désinforment
De nouvelles formes de violences légitimes
Le monopole des élites se renforcent
Tu veux que je parle des moins de 25 ans qui gagnent leur pain
Mais perdent leur temps
Dans des contrats précaires des pseudos missions d'intérim
Ou bien que je te dise de cette machine pleine de surprises
Qu'elle fera de nos petits, de nos bambins
Une putain d'armée de Mesrine
La médecine pour les riches, voilà ce qui se dessine
Et nous pourrons crever au bas de l'affiche
Voilà ce qu'on nous destine
Tu veux que je parle des conditions de vie dans les zones penitentiaires
Te dire qu'on y torture, qu'on censure les suicides
Dans le silences de glaciales parenthèses
Ou bien que je parle des bavures policières par nature
Forcément confidentielles et certainement nocturnes
Te dire que des quartiers entiers vivent à l'ecart des fantômes gris
Cernés par des cars de bleus
Dans un décor horrible tout planté d'arbres morts
Tu veux que je te dise que le pouvoir est comme un livre
Ecrit à l'encre noire de pulsions divisibles
Que la justice n'est pas aveugle, que ses coulisses sont invisibles
Pour la police, faut même pas le deug, donc je préférerai l'usine
Même si les réseaux s'enracinent dans des principes indicibles
Entre Raison et Narcisse et dans l'odeur du racisme ambiant
Tu veux que je parle des 39 heures d'un standardiste
Du ventre vide d'un Rmiste du sourire satisfait de nos patrons sinistres
Ou bien que je parle de tous ces logements vides
Tandis que des milliers de sans-abri
Survivent dans le froid et la faim d'un bol de riz
Tu veux que je parle des charters surchargés qui s'arrachent du sol
Qu'ils laissent des amours clandestines que nos frontières âgées consolent
Ou bien que je dise des travailleurs migrants
Qu'ils dorment dans les sous-sols
Des ministères qu'ils ont construits dans les odeurs d'aérosol....
Parlez-moi d'amour....
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