Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

AHN


Au petit matin, seul son cri s'élève,
Le coq hurle à la mort et le soleil se lève,
L'aube est parfumée de soja,
Ahn est vietnamienne et son père est soldat,
Petit papa qui cache ses larmes,
Il se lave le visage et charge son arme,
Une balle à laisser vers le ciel,
Il part pour le front les yeux vers le ciel,
Il quitte le village, ses enfants et sa femme,
Bientôt il retrouvera les déserts de napalm,
Ahn et ses frères ont mal mais ne pleurent pas,
Petit papa je t'en prie ne pars pas !
Désormais, la jungle s'offre à lui,
Les mines chantent, et les balles sifflent la nuit,
S'il pleut la nuit, seul un arbre pour abri,
Tant qu'il vit, il écrit à sa famille, seul souci,
Parti depuis des heures en éclaireur,
Le mot d'ordre est clair, il n'a pas le droit à l'erreur
Il se baisse, observe l'ennemi,
Etrangement dans la nuit il pense à sa fille,
La première balle en pleine rotule,
Puis la seconde, petit papa capitule,
Abattu, par un ennemi poseur de mines,
La troisième lui déchire la poitrine,
Ahn, au réveil n'est plus la même,
Elle connaît la nouvelle que son oncle lui amène,
Elle reste assise, les idées noires et peines,
Loin d'avoir digéré la douleur vietnamienne,
Aucun scrupule dans leur politique meurtrière,
Ils brandissent le blanc et par derrière croisent le fer,
En occident, ils ne comprennent rien,
Rambo a tué mon père et c'est nous les assassins,
L'agent orange qui déforme nos visages,
Ils nous mentent en abreuvant de cocaïne nos villages,
Enfant du destin, ici pour mes frères,
Maintenant ils sauront ce qu'est la guerre !

Ahn s'est fait explosée, dans un bar d'alcooliques et de prostituées…
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article