pour te donner un signe de vie de mon hall 18
quatre étages de braves gens,
moi au milieu me nourrissant du quotidien du toit à la cave
c'est vrai qu'il y a trop de codes barres à dechiffrer
que l'incomprehension genere des coups de barres
je vis sans penser à l'avenir
la tour fait trop d'ombre pour voir le printemps venir
parait que le mal qu'on a vient du beton
j'crois que la joie de vivre s'est barrée par le balcon
hé m'man, ma tour est rose maintenant
mais on change pas les orties en roses
à la loge, y'a ce mec bizarre sorti d'un polar
est ce qu'Escobar peut veiller sur nos dollars ?
pendant qu'une âme sans soeur attend l'ascenceur
il efface les messages que rien ne censure
au 1er, y'a ces amoureux que tout sépare
pour eux, on choisit pas d'être né quelque part
mélange dangereux d'arabe et d'hebreu
au delà des differences, ce melange dangereux
et puis, la jolie nana, internet nana
vie automatique, ou est le nirvana ?
à ignorer les autres, on fait le deuil de soi
au seuil d'une porte, une ombre seule
à l'etage du dessus, y'a ce vieux tas d'os
qui a l'air en sursis comme les desperados
hé vieux, tes racines sont là-bas
tes vieilles branches içi
y'a aussi ce gars etrange à qui on cause pas
içi, les immigrés ne parlent pas l'etranger
sur le palier du 4e, des assiettes brisées
preuve qu'hier soir, des parents se sont meprisés
sa femme le croyait quand il disait de changer
noyé dans son loyer, il boit l'argent du foyer
à l'heure de pointe, il entend les gens rentrer
y'a des bruits qui font mal derrière des portes d'entrée
et puis, y'a la petite vieille qui parle toute seule
ou à son chien Futé, que tous rêvent de buter
jusqu'aux crampes, elle rampe comme elle peut
elle s'accroche aux rampes
appartement mélodie reggae
dans ce batiment 18, celui que j'dois habiter