Les jours passent et se
ressemblent,
Les tours cachent l'horizon, les splifs tournent,
rassemblent,
On fait ses classes dans les cours de prisons,
Les potes, la famille, disons que les grosses
liasses stimulent,
Enterre les amis, souvent on y passe mais la vie
continue,
Un vice peut en cacher un autre, 
Il dissimule sa haine, la mére elle, la rue lui a déjà prit un fils,
Le daron, parle comme il cogne, mais à
force on s'habitue,
Ca pue les coups, le coeur béton comme un
bout de bitume,
Il tue le temps, à moins que ce soit le contraire,
Avec ses confrères dans le crime il tombe dans
tous les pièges que la rue tend,
Gratte deux trois rimes de quartiers sur les
shmits
Et les tards enragés, une moitié du temps, et l'autre pété au shit,
Il a des rêves, pourtant, des envies d'éxil, guette la carte du monde,
Relit les lettres de son frangin au placard,
Cela dit le vrai luxe c'est être libre, l'homme
est pas fait pour la cage,
Personne n'est parfait, comme leur dernier
braquage,
Alors il gamberge en âge, allongé sur son lit superposé,
Pense à changer de berge, les yeux explosés, il
pense,
Il se lève, prend son click sous le lit,
enroulé dans une veste,
Sourit à sa mère lui fait un geste de la main,
Claque la porte, rejoint le reste de l'équipe, les potes,
Ca sent le roussit mais peu importe, putain, faut
que ces putes crèvent,
La daronne, guette par la fenêtre, regarde son
fils partir,
Cette nuit, c'est la dernière fois qu'elle entendra parler de lui.
Où vont les anges?
Elle a l'âge des premières fois, l'âge où on
teste la vie,
L'âge où on aime, autant qu'on se déteste,
L'âge où le seul avis qu'on ait, c'est
celui des autres,
Tous dans le même navire, elle était cool
avant que sa rmére perde les eaux,
Tout s'écroule quand ses parents divorcent, les
coups,
Les rapports de force, plus personne à l'écoute car plus de réseaux,
Adoléscence meurtrie, cicatrices ambulantes,
Le cœur bléssé prend le premier petit con venu
pour une ambulance,
Une vie stressée sans but, sans tarder,
Elle donne son petit corps à qui sait la
regarder,
Et encore c'est une grande pute,
La vie, elle assemble ses putains d'souvenirs,
Elle se rappelle, les nombreuses visites
nocturnes,
De papa dans sa chambre,
Et elle fume, fait le mur, enrage, déjà mur avant
l'âge,
Attend sa mue après l'orage, ça ne peut qu'être mieux,
Elle tombe accroc d'un raclo plein de
promesses,
Tout est OK, jusqu'au jour où elle lui annonce
qu'elle est cloquée,
Le jour de ses 18 piges tout est noir ce soir de
décembre,
On l'a retrouvé dans sa baignoire, baignant dans
son sang .
Où vont les anges?
Il a le poing tranché, des gouttes de sang viennent tacher le sol,
Encore une gorgée d'alcool, encore un cachet
chargé,
Il guette son visage déformé dans la glace,
brisé,
C'était le fils sage, désormais ses démons le
suivent à la trace,
D'un monde asseptisé, pousser à réussir très tôt,
A viser le top, à vivre les rêves de ses parents,
leur véto, oui il en crève,
Gosse transparent, éternel premier de la
classe,
Tout part en couille et se casse, personne n'a rien vu venir,
Il se fracasse la tête contre les murs,
Passe la plupart du temps seul devant la
glace,
Genre, c'est à moi que tu parles?
Génération X, héritiers de la violence des
ainés,
Une étincelle sur une trainée de poudre qui voulait juste être aimée,
Des années, à kiffer sur une fouf qui s'en branle, l'étouffe,
Il s'en prend à dieu, prie le diable, s'imaginant
à deux dans le gouffre,
Il a des pulsions meurtrières et veut sortir des
ténèbres,
Le souffre douleur d'hier, deviendra célêbre,
tristement,
Le poing tranché, des gouttes de sang sur le sol,
Encore une gorgée d'alcool, encore un
cachet,
Les armes chargées de son daron, entassées dans un sac de sport,
Il se dirige vers son lycée pour inverser le score,
Il arrive, pointe une première cible, et
la ça tourne au drame,
La suite, elle fera la une des journaux
....
Où vont les anges?
Pour les gosses d'ici, de là-bas, du bled, ou
d'ailleurs,
Quartiers difficiles ou pas, j'plaide,
Qui est coupable quand ça tourne au drame, que le
coup part,
Y'a même des SOS, dans les cocktails molotov,
La réalité prend le dessus, les anges brulent, tu
pars et qui s'en souvient?
Ecoutes-les hurler même
pour rien, parce qu'on ne nait pas criminels, on le devient.