c'est pour les notres que l'on reste, que je reste que je ne cesse de me battre, je ne suis pas un renégat et si tu crois que ma vie fut la rue, fut le bizz, fut le reste tu sais quoi....tu ne sais pas tout de moi le pire des ghettos, c'est celui qui menace nos esprits et gagne du terrain pas à pas
Chaque matin, j'me levais dans ma chambre sous un ciel blême Il y avait ma mère, ma soeur, mon père Chaque jour semblait être le même Au dessus de mon lit, il y avait le poster de Scarface Et dehors, il y avait la police qui tournait sans cesse Pendant que je lisais Shinaï An et la vie de Brel Cette même année on emmenait mon parrain au ciel La mauvaise réputation de notre quartier Nous faisait frimer Et ma mère allait être hospitalisée Tu vois, le mode d'emploi pour s'integrer n'etait pas rédigé C'est un non-sens, Quand tu vois tout ce qui nous est reprochés Quand les voitures brûlaient, le quartier ressemblait à un zoo Alors, les médias venaient en auto, prendrent les bêtes en photo Et puis, j'ai été dégouté par la délinquance Parce que j'ai vu, J'ai ressenti que ça posait trop de souffrances Quand j'ai dit, j'arrête Mes potes qui sniffaient, se moquérent de moi Mais regarde, ils avaient tort, certains ne sont plus là Quelqu'un m'a dit "tu rêves" en serrant son garrot Je dansais au milieu des loups comme un guerrier navajo Les ambitions s'en allérent au galop j'etais un E.T parce que je lisais Aragon et Salinas La rue était hostile, il fallait que j'évite le désastre Tu comprends pas, quand je suis allé à l'enterrement de Mika C'était un peu de chacun de nous que l'on mettait sous terre Je n'invente rien comme certains C'est juste un triste inventaire Quelquefois, je me demande qui sont les plus racailles Les jeunes qui trainent ou ces irrésponsables Mais t'inquiètes, mon coin, je l'aime C'est à cause de préjugés bêtes que l'on bat tous de l'aile J'ai vu tellement de haine qu'aujourd'hui, je n'en peux plus Ils parlent de déliquance de rue Que connaissent-ils de cette rue ? La police tourne, la drogue tourne Et au poste, tu pleures quand vient ton tour La bêtise recrute sans discriminer La haine distribue des CDD Que tu sois un pauvre, que tu sois un riche Elle s'en bat, tu sais....