Je n'ai pas de souvenirs très précis de mon enfance
La brume s'est épaissie, ma vue s'est rétrécie,
il me reste juste une ambiance
Ma mère avait le monde à soulever, elle camouflait mes fautes
Pour mon père, trop de boulots à soulever, ce n'était pas un conte
Comme j'étouffais dans ce Bronx, on m'a offert un autre chez moi
Ma vie s'est faite alors de moments où, on est mieux loin de chez soi
Tu sais, chez nous,
il 'y a jamais eu de diplômes ou de salaires de ministres
Mais le mot famille, porte un F en lettres d'imprimerie
Ma marraine m'a élevè, là-bas, il y avait un jardin
Au fond, y'avait un prunier, et moi j'y grimpais quand j'étais gamin
Et sur ma branche, je vidais le noir de mes idées
Si bien, qu'aujourd'hui,
je me plais à croire que c'est de là que vient la couleur du fruit
Ça me fait sourire de me rappeller courir pour tester mes shoes
Je rêvais de Carl Lewis, les siennes lui faisaient gagner des courses
Pour moi, ç'était tout dire
Alors, avant que ma marraine ne se fâche
Je prenais tous les risques pour aller sauter de marches
J'ai appris dès la primaire à rouler sur le 103 d'une cousine
À l'âge du rénové, les dépecer sera ma routine
Ma marraine, s'était le calme dans la tempête d'un môme de 6 piges
Sa main qui caresse ma tête, mec
C'est le temps qui s' ârrete net
J'ai plusieurs fois changé de villes pour l'école
Ce qui fortifie les uns, mortifie les autres, ça modifie les pôles
À chaque nouveau schéma vint un nouveau chez moi
Georgette, ma marraine,
une femme tendre a fait tout le boulot pour moi
Elle savait les règles de l'école, les low-kick en force
Que le faible récolte, sans motifs, sans causes
Elle préparait des plats en sauce pour que je reste en pleine forme
Elle était la providence, note, sa force brille encore
J'attendais que mon parrain arrive de l'usine
Assis dans la cuisine, je guettais sa coccinelle
digne d'être mise en vitrine
C'était la plus belle caisse du quartier, je m'en souviendrais toujours
Je ne flambais pas qu'à moitié quand il m'emmenait faire un tour
Un colosse qui rassure pour un gosse sans armure
Mon parrain avait de la carure, c'était une force de la nature
Il ne perdait pas de temps en salades lors de nos ballades au port
Il m'a appris pas mal de choses,
mais pas que les colosses tombent malades
Et gardent dans leur boites à gants, un ticket, deux balles à blanc
Un aller simple en acier fin, pour un vol qui part avant
Si je suis fait de chair et d'os, je suis de toute évidence
Ses souvenirs, ses silences, ses sourires, ses souffrances
Aujourd'hui, un rien, une tartine rotie, un cacao
Un verre de menthe à l'eau m'emmène loin
Un répercussion vers loin d'içi
Quand vers 7 ans et demi, en cherchant l'univers, j'ai découvert l'infini
Chacun de mes pas a un écho
Je suis citoyen du monde
Chaque jour rend mon parcours mitoyen de l'ombre
Et peux importe où je serai demain, où va le chemin
Ces moments fragiles me rappellent d'où je viens