Pardon Docteur quand je suis tout seul je voudrais être deux Mais tant que la vie à deux me saoule je préfère être un, deux Je vous dis que je préfère être seul autant que faire se peut Mais tant qu’à faire les deux …Ma
solitude est un glaçon qui fond dans toutes sortes de liquides Comme ces rivières de son où flottent quelques noms de filles J’arriverai pas à la dire en fait j’ai pas de conversation J’aurais bien quelques mots pour rire mais par instinct de conservation Les grands timides se taisent et disent rarement je t’aime Je me réfugie derrière ma pile de textes en attendant qu’on me dise je t’aime Comme un rasoir jetable les belles histoires ne durent pas longtemps A la fin elles font mal elles ont le goût d’un passage tranchant Mais chaque regard touchant me dit que mon cœur pourrait flancher D’un baiser sur la bouche je serais capable de m’épancher Je prendrais des cours de chant et même des bains de boue Je passerais mon dimanche à Auchan et tous les jours 8h debout Je serais jamais méchant et tous les jours de bonne humeur J’aurais l’intelligence de te dire t’es belle au moins toutes les demi-heures Je me dirais que j’ai de la chance mais je me dirais aussi que tu me saoules un peu Que quand j’y pense un peu si j’étais seul ce serait peut-être mieux
Ça fait déjà douze ans de vie qu’on a presque en commun Sans compter les gamins le compte en banque et le crédit de la salle de bains Dans laquelle tu t’enfermes pour te refaire les mains J’m’en fous j’ai ma nouvelle voiture et toi tes nouveaux seins Notre vie est belle et simple comme nos amis super sympas Pour toutes nos connaissances tu es super maman et moi super papa Pourtant il n’y a que toi qui ne saches pas Que je sais que tu as couché avec Patrick le soir où j’ai serré Cynthia A ce propos mon amour j’ai remplacé l’ampoule de la cuisine Racheté du Décapfour et puis des couches pour Mélusine Mais à propos d’amour je crois que demain ça fera 6 mois Que l’on s’endort en boule sans même se faire une bise Pour les vacances d’hiver en fait c’est sûr je partirai seul Et comme tu bosses je te laisse les gosses et toute la pile de vaisselle sale Je vais pas te sortir des balivernes tu sais très bien que je t’aime Au moins autant que ma maîtresse et si tu me quittes j’aurai de la peine
Je suis une femme très très moderne donc forcément très très mature Aucun désir ne me gouverne je gère très bien mes aventures Quelques erreurs posthumes à l’arrière des voitures Me rappellent la posture d’un postérieur que je donnais pour de la thune Après quatre ans d’études de droit j’essaye de marcher droit Fini les trucs à 3 et de craquer pour des gars maladroits Car dans mon corps trop à l'étroit et trop souvent montrée du doigt J’avoue avoir eu plus d’une fois des réveils regrettables A côté de gars qu'avaient même pas la force de dire qu’ils m’aimaient pas Et d’autres gars qui me voyaient mère après le premier soir J’ai eu tellement d’amants tellement d’émois tellement de maux d’amour Que si on me le dit poliment je serai encore capable d’y croire Mais je passe mon temps à boire à traîner dans les bars Comme dans un rêve je cherche du regard cet homme qui m’emportera Qui me dira je t’aime et rallumera la flamme Qui fait de moi cette femme qu’on effleure du bout des doigts