Ca ronge ça gratte et ça démange mais y a pas de reméde
Une pandémie mentale mais pour elle, pas de recherches, pas de fond d'aide
On en parle on en débat, colloques, réunions, assemblées,
Mais au final pas de solution quand c'est l'humain qu'il faut changer.
Cette vague invisible submerge tout sur son passage,
Sans distinction, les cités, les pavillons, elle atteint les plus lointains rivages
Les plus belles âmes de tout temps y ont risqué leur éternité,
Les plus petites s'en drapent pour masquer des visages que la haine a déformés.
Elle s'insinue au quotidien, dans nos relations amicales
Fausse certaines déclarations, d'amitié ou d'amour devenues bancales,
Y a ceux qu'on aime pour ce qu'ils sont, leur beauté leur intelligence,
Y a ceux qu'on garde à portée de main, caution sociale de nos intolérances.
Tu la retrouves au boulot dans les embauches, les promotions,
Elle est là , elle rode, fait apparaitre les grimaces derriére les sourires de convention,
Elle est le bureau excentré que personne ne visite jamais
La DRH qu'on confond au détour d'un couloir avec la responsable du placard à balais.
Elle se balade dans nos écoles, à l'heure de la récréation,
Fait les yeux doux aux isolés, caresse ceux qu'on écarte sans attention,
Squatte dans les salles des professeurs, s'invite en classe au premier rang
Persuadée que les places prés du radiateur, sont des refuges pour les fainéants.
Elle vagabonde en politique, au Sénat, l'Assemblée Nationale,
Souffle des idées pathétiques à un certain parti radical
Décide de modifier l'Histoire et, pour ça, fait voter des lois,
Raconte le temps à son image, j'avoue que j'aime pas trop ce que j'y vois.
Elle est chez elle dans les hautes sphéres comme dans les quartiers populaires,
Se délecte de la connerie banale, des insultes devenues ordinaires,
Se prélasse aux terrasses de troquet, où les couleurs sont bigarrées,
Mais s'arrange pour y mettre un peu d'ordre, si elles ont trop bien su se mélanger.
Elle fait sa ronde dans les ruelles, fait ses courses au supermarché,
Veille à ce qu'on regarde bien de haut les gens qui errent, ou les petites caissiéres affairées,
S'arrete dans le rayon hi-fi, la télé parle de banlieue, de racaille
Repart avec l'air satisfait de l'amante qui dans le couple a foutu la pagaille.
Elle se faufile discréte, planquée dans les foules anonymes,
En noire, en blanc, jaune, marron, beige, du caméléon elle est le synonyme,
Grande soeur aimante des guerres, des haines, des tueries, et du saccage de petites épiceries
Elle est fiére de sa petite famille, faut avouer qu'elles ont bien réussi.
Elle a des journées à rallonge, mais au moins son travail lui plait,
En plus elle est la seule sur le marché, pas de concurrence, elle reconnait
Qu'elle pourrait mieux faire, on lui connait pas de prédateur,
C'est quand même pas de sa faute, si les journées n'ont que 12 heures.
Elle est la vague de peur sans nom qui dort en chacun d'entre nous,
Elle est l'ignorance l'égoïsme qui met la morale à genou
Elle est notre laideur, nos angoisses poussées à leur paroxysme,
Elle est ce qu'on l'a laissé devenir, et qu'on a appelé le racisme.
